
Les blés sont la lumière
posée, une toison sèche,
de loin une immense laine dorée,
épaisse comme une respiration –
le corps est soulevé et le souffle retenu
de la terre ample, dorée, pleine
comme la main passée sur la terre allongée
sans repos,
tendue aux quatre points cardinaux,
exposant les saillies, les creux, les sillons
d’un corps trop vaste
pour être figuré,
et devant soi, se présentent d’immenses aplats,
immobiles, sans obstacle.
Têtes égales et fondues – tiges droites, une légion
flexible – pelage rêche, pâle et ondoyant,
une multitude d’épis encore immatures,
de mèches claires,
faisceaux de graines tendres apportant
une lumière rase, et si large,
Percevoir que l’horizon s’arrondit, au loin :
derrière les vastes plans,
l’aveugle invasion géométrique,
les arbres semblent s’enfoncer,
les sommets s’adoucir, repoussés
au-dessus des blés




Morbihan, 20/26 juin.
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