
Ciel étincelant pur verre soufflé dans
les bruits de sa fusion de sa combustion
Cris des corneilles des pigeons s’élevant,
gravier frôlant le ciel, leurs ailes ne peuvent fondre
Cassantes l’herbe et les feuilles courbes
Les arbres retiennent leur respiration
les ramures terminales écartent la lumière

Devant nous quelques arbres dans l’instant violent de leur incendie
devant nous interrompu
l’incendie blanc de l’arbre devant le ciel blanc
images surexposées de l’arbre dans la flamme :
torche imprenable dans le dessin de sa hanche,
flamme entière à la place du ciel entier,
avant leur disparition conjuguée –
effacés l’un dans l’autre dans une image dernière.
Nous ne nous étions pas retournés –
Derrière nous, le buisson ardent et muet –
L’apprêt d’un ultime cri d’angoisse – resté accroché dans la gorge
Penser le Feu en soi :
Serai-je l’écorce consumée,
l’Aubier adonné au feu, toutes fibres délacées –
ou, boiteuse et lascive, par hautes lignes souples
coulant le long des fibres passives, la Flamme ?
Il me faut ce cœur consentant et la matière ignifère (elle l’ignore !)
pour que mon propre cœur excédé
tressaille et se répande.
Les chênes sans bruit grincent dans leurs ombres :
fils invisibles d’étoffes grises,
ajourées de cendres et de grains de poussière
Ici, l’arbre entier, roux
est resté droit ;
contourner ses bras invaincus et raides :
arbre en train de mourir, brandissant à ses bois nus,
de raides plumets d’étoupe rousse et de feu mort

Maremma, Toscana, 2020/ 2024