égal à l’herbe

L’herbe tiède, son souffle élevé jusqu’à mon visage, la main posée sur elle ; en recueillir l’odeur, la paume retournée vers le ciel – exprimée de si loin, si précise, si proche,

Prés, chaleur, meules,

Marcher, s’allonger, porter,

A nu le corps, devant l’épreuve – devant l’herbe, les foins, la brosse des chaumes,

Le silence qui doit être fait pour

devenir égal à l’herbe

comme en l’instant précédant le poser des doigts sur votre peau, la chaleur reçue, le corps ne se défend pas –

Tiédeur de l’herbe en toutes les fibres de votre corps ; les limbes se courbent, toutes prises sous votre souffle – les herbes du ventre remuent, la sève chaude, les crosses se déroulent – brins de mémoire sans passé ; mis à nu, le temps s’enfuit :demeure la chaleur présente de tout le corps – l’effort, le repos…

Ici les parterres sont pelés, l’herbe fanée – ici l’herbe coupée, sueur sucrée, menthe, expiration des feuilles sectionnées : quels mots pour chaque herbe, toutes blessées dans la foison, et fixer les détails que je ne vois pas encore ?

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Alain Gérardot-Paveglio

Ecriture : poésie fictions Photographie

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