


Marcher la nuit,
jusqu’à permuter –
D’elle, le don de sa chair labile, immédiat,
l’état en lequel elle se transmue afin que nous puissions
nous apparaître,
Moi-même divisé entre le poids léger de mes pas
et l’oscillation devenue imperceptible de mon corps,
j’absorbe les amples revers de son souffle,
Sensation de mon corps,
délié du poids, libéré de l’effort,
pas après pas ;
mon corps éprouvé hors de moi : devenu aussi simple que la nuit, semblable à elle – qui reconnaitrait sa forme, sa présence ?
Maintenant apparenté à
sa matière tangible, aérienne, sonore
Rien ne nous oppose sa force, ni une quelconque résistance,
Nuit, sa propre respiration passée dans les mouvements de mon corps – fondue en lui,
large, infinie, tangible,
insinuée, nébuleuse,
battant par
les yeux, les poumons, les muscles, la salive,
Grande bruissante !
Jusqu’à notre lente dissolution réciproque,
notre appariement scellé :
je peux dire
notre chair,
enfin atteinte
Je n’ai cessé d’avoir ce mot – chair –
à l’esprit chaque fois désirant
entamer la nuit,
(à chaque fois, est venue ou s’est refusée la nuit en laquelle être respiré)
Chair pour la feuille dont la lame est si mince.
Et
qui tient cette autre feuille aux bords entiers,
sans doute lancéolée,
haute comme une porte
ou une épaule,
quels doigts en font pivoter le pétiole ?
De quel côté sommes-nous
l’un et l’autre,
dans la chair incessamment
rescindée, renaissante ?

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2/5 septembre 2026