Les lichens couvrent d’écailles légères

Les lichens couvrent d’écailles légères,
couleur de bronze pâle les murets –

Pierres sèches,
qui sont le trait et le mètre et l’arpent,
la trame robuste dont la forme ne peut être devinée,
les membranes qui serrent la terre
– ses aires jointes,
qui serait demeurée sans forme, ni défense,
sans remparts ni obstacles,

La grande étoffe respirante –

Et par l’ombre verticale du corps,
comme s’il était le point nœud de la couture,
ou encore, la clé de voûte,
se croisent les lignes cardinales, en purs angles droits,

par vos épaules et vos yeux,
par votre corps passées,
comme dans une eau étale et claire,
ses lignes illimitées et franches,
l’espace incessamment sorti de lui-même,

Tu me dis :

 — Mon rêve fut de danser, comme les plis défaits
qui ont abandonné l’étoffe –
légère et libre,
que l’on étire à quatre mains,
le drap ouvert suspendu entre les mains
qui le tendent –
l’espace posé en lignes orthogonales

Oeuvres d’Alice Freytet, Musée Henri Martin, Cahors

Published by

Unknown's avatar

Alain Gérardot-Paveglio

Ecriture : poésie fictions Photographie

Leave a Reply